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Nathalie Aynié

The girl with the messy hair
and the thirsty heart.

La meilleure instruction qui soit

Cela fait maintenant… quoi, trois semaines? … que j’instruis en famille non seulement Matthieu, mon aîné, mais aussi Julien… qui évidemment ne va plus au collège depuis le début de la pandémie.

Plusieurs personnes se sont étonnées de la rapidité à laquelle nous travaillons. Pour rappel, mes deux enfants sont autistes: Matthieu est autiste sévère atypique, et Julien autiste de haut niveau de fonctionnement (diagnostiqué TED à l’époque).

Il faut savoir que Matthieu est autonome dans ses apprentissages—ou presque. Il sait les exercices qu’il doit faire, et vient me chercher lorsqu’il a un doute sur la manière de procéder. D’ailleurs, les apprentissages de Matthieu ont beaucoup d’applications en journée, parce que mon but c’est qu’il soit autonome dans sa vie de tous les jours. Son instruction tourne donc beaucoup autour de l’autonomie personnelle, de la lecture, de l’écriture et du calcul (avec résolution de problèmes).

Pour Julien, c’est différent. Il doit faire les apprentissages de sa tranche d’âge. On lui en demande beaucoup, en général: il doit savoir faire aussi bien, voire mieux, que les autres, et ce malgré les difficultés dues à son handicap et le fait qu’il ne va en classe que le matin (les après-midi, il a souvent des thérapies, et ce n’est pas un moment de jeu mais bien de travail, où on lui demande plein d’efforts pour se concentrer et faire des choses qui lui sont difficiles).

Et donc me voilà à devoir l’aider à comprendre des choses qui ne me sont pas faciles non plus! Celleux qui me connaissent savent mon amour pour l’histoire-géo, par exemple. Ou la bio. Alors faut que je fasse moi aussi plein d’efforts! Par contre, pour le reste, ça roule. Julien a du mal avec la compréhension des consignes, donc je suis là pour reformuler, et lui faire des rappels à la concentration (car il oublie vite les informations à écrire, et donc “saute” certaines réponses).

Ma méthode de travail est la suivante: ne pas mettre l’enfant en échec. Le laisser réfléchir, certes, mais ne pas le laisser en suspend avec une réponse qui ne vient pas (et ne peut pas venir seule). Mes enfants apprennent vite, mais supportent mal l’échec. Surtout Julien, qui est ultra perfectionniste, au point de préférer refuser de travailler plutôt que de risquer de se tromper.

Alors ma politique est claire: qu’ils sachent que je suis là pour les aider, quoi qu’il arrive. Même si ils vont mettre un peu plus de temps à comprendre la logique de ce qui leur est demandé. Mes enfants, comme moi, apprennent par l’exemple. L’abstrait ne leur parle pas du tout, ils ont besoin de concret. Ils ont besoin de pouvoir voir les solutions en action, pour pouvoir déduire la manière de procéder sur une base tangible.

Et du coup, je vois à quel point Julien est moins en souffrance en apprenant avec moi qu’en allant au collège. Combien les apprentissages se font vite, par rapport au temps passé assis en classe.

Suis-je une bonne pédagogue? Franchement, je n’en sais rien. J’essaie d’être dans la bienveillance, et ça marche. J’essaie aussi de ne pas mettre une ambiance de pression autour des apprentissages. Mes enfants sont malins. Ils ont déjà appris le nécessaire, et plus, pour pouvoir vivre seuls plus tard. C’est ce que je voulais. Maintenant, on continue à avancer, et tout nouvel apprentissage est en fait du “bonus”. On ne m’avait pas laissé beaucoup d’espoir sur leur situation quand ils étaient petits, surtout celle de Matthieu—et contre toute attente, envers et contre tou·te·s, avec beaucoup d’efforts de notre part, Matthieu et Julien continuent à progresser dans tous les aspects de leur vie. Et c’est pas fini…

Il faut souvent que je rappelle aux gens qu’ils ne vont pas s’arrêter d’apprendre à 18 ans, qu’ils continueront à apprendre toute leur vie. Parce qu’il y a un stress incroyable de la part d’autrui pour qu’ils fassent tout bien, tout mieux que les autres, malgré leur handicap.

Finalement, la meilleure instruction pour mes enfants c’est bien l’instruction en famille. J’en suis persuadée.

Maintenant, il va s’agir de persuader aussi les autres. 🙂

Jour 1

Jour 1

Et si un jour je non-vivais…

 

Ils n’avaient attendu que ça. Depuis des milliers d’années, ils avaient vécu cachés, dans l’ombre… surtout ces connards de vampires! Et il a seulement fallu quelques semaines de confinement pour qu’ils renversent notre gouvernement, prennent d’assaut chaque recoin du pays… et qu’on se retrouve non seulement au milieu d’une pandémie, mais aussi d’un bouleversement mondial que personne n’aurait pu anticiper.

Le net ne marche plus que par intermittence, grâce aux efforts d’une communauté de nerd·ette·s qui tente de le maintenir accessible, mais leurs tentatives sont de courte durée car les monstres reprennent vite la main sur les réseaux. J’ai essayé de glâner des informations de ci de là, comme j’ai pu, mais tout reste incertain… et comment vérifier la vérité des informations qui trainent parmi les complotistes et les paranoïaques? Il n’y a plus de source sûre.

Ce que j’arrive à rassembler aujourd’hui comme faits, c’est que plusieurs factions de monstres se sont découvertes pendant notre moment de faiblesse mondial. Il y a les Sangsues, qui ont pris la main sur les médias, et rôdent la nuit dans les rues—même dans mon petit quartier. Ils sont partout, ou presque… les rares contacts avec qui j’ai pu discuter en ligne avant que les lignes soient coupées ont confirmé qu’ils se déplacent régulièrement, patrouillant les artères de la ville à la recherche de leur prochaine Bloody Mary.

C’est une chance qu’ils soient vulnérables au soleil, car les derniers reportages aux nouvelles les montraient détruire les chars de l’armée d’un revers de la main, leur faisant faire un vol comme on peut chasser une mouche. Imaginez si ils pouvaient frapper à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit! Rien n’égale leur force, et surtout leur cruauté. Il n’a pas fallu longtemps pour que les vampires prennent le dessus sur les forces armées… et les stations de télé.

La consigne est de se connecter chaque soir à vingt heures, pour s’organiser et résister. J’écris ce texte en espérant pouvoir le poster sur mon blog ce soir. Je ne sais pas qui cela va pouvoir aider, mais c’est thérapeutique pour moi de pouvoir parler de ce que je vis avec le reste du monde.

Car je suis seule. Seule dans ma maison, confinée… mais surtout à l’abri.

J’ai toujours pris des précautions et entassé les vivres. Je n’aime pas sortir en général, et finalement on dirait j’ai bien fait de préparer ma maison pour tenir une apocalypse de zombis! J’ai de quoi tenir quelques temps. C’est plutôt la solitude et l’ennui qui risquent de me peser.

J’ai une petite cour arrière où je peux sortir, qui mène à mon garage et ma buanderie. Quand j’y vais, je reste silencieuse tant que possible, car j’essaie de ne pas attirer l’attention des monstres qui pourraient passer dans le coin en journée.

J’évite la télé. Fini·e·s les séries rigolotes et les films d’amour dégoulinants de bons sentiments. Terminé, les journaux télévisés quotidiens qui nous tenaient informé·e·s. C’est devenu un moyen de propagande vampire. Et pour ceux qui sont facilement influençables, c’est aussi devenu un moyen pour les vampires de se faire livrer leur prochain repas à domicile.

Plusieurs personnes ont signalé le départ de leurs proches après une émission de télé vampire un peu insistante. Ils auraient laissé en plan ce qu’ils étaient en train de faire, laissé leurs familles, seraient sortis dans la rue sans même prendre un blouson, et ne seraient jamais revenus.

Les vampires ne sont hélas pas le seul nouveau danger pour la population humaine. Pour l’instant, sur le net, j’ai lu qu’il y avait aussi des loups-garou, des spectres… et des zombies. Si les Ombres sont plutôt isolé·e·s les uns des autres, les Molosses sont apparemment habitués à vivre—et chasser—en meutes.

Ce sont les Réanimés qui sont le plus désorganisés. D’ailleurs, on ne peut pas dire qu’il y ait une once d’organisation chez eux, que ça soit leur manière de déambuler dans les rues, de chasser des proies, ou même de s’habiller. J’en ai vu plus d’un porter un slip sur la tête. Désolée mais je ne cautionne pas!

J’ai pas mal de choses à faire ici. Je ne m’ennuie pas vraiment. J’ai assez de livres sur mon Kindle pour lire le reste de ma vie sans jamais relire la même histoire. J’ai plein de films et séries sur mon disque dur—là aussi, de quoi m’occuper longtemps. Ce qui m’inquiète le plus, c’est les coupures d’électricité régulières. Jusqu’à présent, c’est toujours revenu après quelques heures… Mais si cela ne revenait pas? Que faire, une fois que mon Kindle sera déchargé? Que mon ordinateur ne sera plus alimenté?

Alors mon cerveau travaille et fait des plans. Je me poste à la fenêtre de ma chambre, qui donne sur la rue, et je guette ce qui se passe à travers les rideaux, en restant la plus discrète possible. Si les Sangsues ne sortent pas en journée, et sont soit-disant supposés demander la permission avant de rentrer chez quelqu’un, ce n’est ni le cas des Molosses, ni des Réanimés, et je serais bien mal fichue si jamais ils venaient à me repérer, car je doute que la porte de ma maison soit suffisamment solide pour les empêcher de rentrer.

Les Ombres ne se baladent pas, elleux. Soit on a une Ombre chez soi, déjà—parce que quelqu’un est mort d’une mort violente et qu’on a le malheur de vivre là—soit on est tranquille. Cela dit, si les Molosses ou les Réanimés rentrent, la prochain Ombre ce sera peut-être moi.

Si je devais choisir comment mourir, je crois que je choisirais les Réanimés. Pas parce que la mort serait plus douce, oh non… mais elle serait plus lente à arriver! Par chance, les zombis de cette apocalypse sont lents, pas comme ces affreux morts-vivants des films qui courent comme des dératés. Je pense que j’ai une chance, si je ne suis pas obligée de courir pendant des heures pour espérer leur échapper. Et puis, j’ai toujours eu un faible pour eux. J’avoue.

Postée à ma fenêtre, je vois surtout des Réanimés. Normal, il y a un cimetière à moins de cent mètres de la maison, juste derrière la place de l’église. C’est pas de bol, il faut dire—jusqu’à présent, ces voisins n’avaient jamais causé de problèmes. En pensant au cimetière, mon cerveau mouline et mouline. Je scrute et je scrute, mais je ne la vois pas. Est-elle partie dans l’autre sens, vers le centre ville? Je dévisage chaque Réanimé·e, mais personne ne lui ressemble, de près ou de loin.

Je passe un peu de temps dans mon jardin, mais je n’ai aucun moyen de produire des fruits ou des légumes. Je n’avais pas de matériel de jardinage, ni de pots, ni de graines… et surtout, j’ai la main la moins verte de l’Univers entier. Je tue les ficus rien qu’en respirant à côté d’eux. Jusqu’à présent, je m’en étais toujours fichue, mais aujourd’hui je me rends compte que je n’ai pas de réel moyen de me réapprovisionner. Heureusement que j’ai de quoi faire, avec toutes les boîtes de conserve dans mon garage.

Je me sens tellement seule. Certains des voisin·e·s sont toujours chez elleux, je les vois parfois à leur balcon, en train d’espionner la rue elleux aussi. Je ne me montre pas—et si l’un·e d’entre elleux passait à l’ennemi après avoir regardé la télé? Je ne veux pas le risquer.

Est-ce que je regrette d’avoir préféré le célibat à un quotidien écrasé sous la charge mentale? Pas vraiment, jusqu’ici, mais maintenant je me demande. La compagnie humaine me manque, la chaleur d’un autre corps pour rassurer le mien. Mais la survie est aussi plus simple quand on est seule. Pas besoin de s’inquiéter d’une autre personne, de son bien-être… mais aussi des potentielles bêtises qu’elle pourrait faire, et qui pourrait nous coûter la vie!

Je suis le type de personne qui est capable d’envisager tous les dangers mortels possibles quand elle rentre dans un lieu. Je vois toutes les éventualités dangereuses. Je vois aussi immédiatement comment stratégiser pour être en sécurité. En fait, je suis la personne pénible qui beuglait des conseils aux gens dans les films d’horreur, et qui s’agaçait de leurs réactions et idées stupides.

Qui sait si je suis réellement à la hauteur? Pour l’instant, en tout cas, j’ai réussi à survivre, là où les personnes dans ma rue se sont faites trucider ou embarquer.

Quelques unes d’entre elles ont préféré la mort à la mort-vivance et ont trouvé des moyens créatifs pour se donner la mort. Si je peux le comprendre, c’est n’est pas envisageable pour moi. C’est déjà décidé: si jamais je devais rejoindre les rangs des monstres, je choisis de vivre cette nouvelle vie à fond. Ne me tirez pas une balle dans la tête si je me fais mordre! Je compte continuer à non-vivre aussi longtemps que je le pourrai, quitte à embrasser le régime de la faction qui m’aura recrutée.

Ce message prend un tour morbide… Mais ce sont les pensées qui me trottent dans la tête, et j’ai du mal à ne pas les exprimer. Mon cerveau à arborescence développe tous les avenirs possibles, et celui-ci est bien trop inéluctable pour ne pas envisager quel serait mon point de vue, si je devais être tuée.

Peut-être qu’un jour quelqu’un tombera sur mon blog et lira ce qui m’est arrivé. J’aime l’idée de laisser une trace de ma vie, même si c’est sur un net qui sera probablement bientôt coupé définitivement.

La charge de mon ordi est presque à zéro. J’espère que les nerd·ette·s de la Résistance auront réussi à relancer tout ça d’ici ce soir. Vingt heures, l’heure où le net mondial sera à nouveau accessible pendant quelques minutes—ou du moins je l’espère.

Pendant quelques minutes, je serai enfin connectée avec la possibilité de toucher une autre âme, peut-être aussi perdue et seule que la mienne.

Si tu me lis, laisse-moi un message.

Laisse moi un espoir.

Avril 2020 Doodling Pile

Si il y a bien quelque chose que j’ai fait plus souvent en 2020 pour l’instant, c’est doodler. Doodler, c’est dessiner, souvent sans but précis, sans y réfléchir trop. Ça fonctionne bien avec ma façon de procéder: le “good enough, fuck it”.

La première fois que j’ai vu ces doodles sur Internet, ce que j’appelle des “doodlings piles” parce que tous ces petits personnages sont empilés les uns sur les autres, je suis tombée dans le love immédiatement. Ce n’est qu’aujourd’hui que je me lance… c’est idiot, car finalement ça ne demande pas tant de travail que ça pour en faire un.

Je te montre tout dans cette vidéo:

 

Tu as envie de colorier ce doodle? Ça tombe bien, je l’ai créé pour ça!
Tu peux le télécharger gratuitement. 💖

Pense à me taguer sur tes réseaux sociaux préférés, pour que je puisse voir (et repartager à ma communauté) le résultat de ton coloriage!

Camp NaNoWriMo?

Je me faisais la constatation suivante il y a quelques jours: je n’arrive plus à écrire. Ce n’est pas que je n’ai plus d’idées: c’est que je n’arrive pas à commencer. La pression est trop forte, le chien a mangé ma copie, les sangliers ont mangé des cochonneries. C’est pas ma faute, mon Colonel!

J’ai beau lutter contre la difficulté d’écrire, me rappeler que je n’ai eu que de bonnes reviews sur les histoires que j’ai publié, me trouver merveilleusement douée quand je relis ce que j’ai fait… rien n’y fait. Je n’arrive pas à finir les projets que j’ai entamés. Frost et Jolene m’attendent, William et Constance aussi. Ils méritent que je termine leurs histoires—au moins les leurs!

Peut-être que ce dont j’ai besoin maintenant, c’est de recommencer l’écriture sans la pression de la performance. Sans me dire qu’il faut que je réussisse à tout prix à faire au minimum aussi bien, mais préférablement mieux que les livres publiés jusqu’ici.

Alors peut-être que l’idée, ça serait de commencer quelque chose de nouveau. Quelque chose sous un autre nom de plume, où personne ne sera déçu si je ne suis pas à la hauteur de mes romans précédents. Quelque chose dans un monde nouveau, avec des personnages que je ne connais pas encore, et peut-être… hérésie! Peut-être même en français.

Alors voilà. Je ne me mets pas un but de 1667 mots par jour pour le Camp NaNoWriMo de ce mois-ci. Je me contente juste de me dire que ça serait bien d’écrire un peu tous les jours… et de voir ce qui vient.

Souhaite-moi bonne chance! 🙂

Le Retour de la Vengeance

Celleux qui me connaissent savent que, telle Freddy, Jason, et tous les autres monstres du même acabit, on ne se débarrasse pas de moi aussi facilement. Je fais TOUJOURS mon come-back.

Eh bien, aujourd’hui, je fais mon come-back dans le milieu des blogs. Après tout, je sévis dans ce milieu depuis bien longtemps. Je suis une dinoblogueuse. Te marres pas, c’est un vrai terme. Ça veut dire que je blogue depuis bien avant que Loïc Le Meur ait rendu ça “tendance”. -454 jours avant LLM!

Mais je bloguais à l’époque où on appelait même pas ça un blog. On appelait ça un site web. Ou du diarisme en ligne. J’ai toujours tenu un site, depuis que j’ai eu internet à la maison. Mon premier site avait la musique de Peanuts, et une gif de pingouins qui dansent. Je racontais ma vie sur le net, je disais tout.

Ces temps-ci, je ne disais plus tout, car j’ai appris avec l’expérience qu’il y a une palanquée de toxiques qui aiment espionner, pour pouvoir avoir à redire, et cracher leur venin. Mais je crois qu’aujourd’hui je commence à m’en foutre. Leur opinion de moi ne compte pas. Seule compte l’opinion que j’ai de moi-même.

Alors voilà. Je te préviens de suite: ça va être le foutoir ici. J’ai décidé de ne plus suivre aucune “règle”, mais de ne suivre que ma créativité et mes envies. Au programme: du blogging, du dessin, de l’écriture, du crafting, des rants, du franglais, et tout ce qui peut me passer par la tête.

Au plaisir de me lancer à l’aventure avec toi!